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Si elle s’apprête à lancer sa 8ème saison sous le statut professionnel depuis sa création, la National Women Soccer League a eu deux soeurs. Mais alors que la saison 2020 était prévue au 18 avril prochain, la pandémie mondiale du Covid-19 oblige un report temporaire de la compétition. Si l’arrêt total de football est une épreuve pour tous les passionnés, l’occasion est pourtant bonne d’enrichir ses connaissances footballistiques.

Dans cet article, nous vous retracerons l’histoire de la professionnalisation du championnat élite américain. Une ligue devenue l’une des plus attractives de la sphère foot féminin.

2001-2003 : Women’s United Soccer Association (WUSA)

Premier championnat féminin 100% professionnel au monde, la première ligue majeure féminine Américaine fut créée en février 2000, sous le nom de : Women’s United Soccer Association.

Animé par le sacre à domicile des internationales américaines à la Coupe du Monde 1999, un élan autour du football féminin avait germé. John Hendricks, président de Discovery Channel, ainsi que 8 autres investisseurs avaient débloqué 40 millions de dollars sur 5 ans, afin de pérenniser le championnat. 24 millions de dollars supplémentaires étaient prévu pour l’amélioration des stades et les 20 championnes du monde américaines en titre, avaient été désignées comme fondatrices de la Women’s United Soccer Association (Michelle Akers, Mia Hamm, Brandi Chastain, Julie Foudy, Kristine Lilly, Tracy Ducar, Lorrie Fair, Joy Fawcett, Danielle Fotopoulos, Shannon MacMillan, Tiffeny Milbrett, Carla Overbeck, Cindy Parlow, Christie Pearce, Tiffany Roberts, Briana Scurry, Kate Sobrero (Markgraf), Tisha Venturini, Saskia Webber et Sara Whalen).

Contrairement à la Major League Soccer, ligue masculine américaine lancée en 1996, la WUSA s’était affairé à attirer, dès le début, les meilleures joueuses étrangères du moment, telles que Sun Wen (Chine), Hege Riise (Norvège), Sissi (Brésil), Marinette Pichon (France) ou encore Birgit Prinz (Allemagne). Avec 8 équipes en lice, des droits TV garantis et les salaires des joueuses allant de 27 000 $ à 85 000 $ par an, tout était réuni pour que le succès de ce premier championnat professionnel féminin soit au rendez-vous.

Malheureusement, rien ne s’est déroulé comme prévu.

En Avril 2001 la première saison de la Women’s United Soccer Association était lancée. Un championnat de 22 matchs joués par équipe, comptant pour la saison régulière et sans système de relégation. À la suite de cette phase, les 4 meilleures équipes au classement se disputaient le titre « Founders Cup » lors des play-offs (système : 2 demi-finale + 1 finale). Or, le 15 septembre 2003, au terme de sa 3ème saison et à peine 5 jours avant le coup d’envoi du Mondial 2003, une nouvelle fois organisé aux États-Unis, la Women’s United Soccer Association n’existait plus.

En trois saisons, la fréquentation des stades avait chuté de 17,8%, passant d’une moyenne de 8 116 lors de la saison inaugurale à 6 667 lors de son ultime saison. Privées de plages horaires avantageuses, les audiences TV des matchs n’étaient pas au rendez-vous et la ligue n’avait pas décroché de contrat pour la saison 2004. La trésorerie était également dans un état catastrophique, après avoir dépensé son investissement initial de 40 millions de dollars, prévu pour durer 5 saisons, dans sa première saison seulement. Malgré une réduction de 20% des salaires des joueuses et une réduction des effectifs passant de 20 à 16 joueuses par club, la faillite est arrivé en 2003.

Le fondateur et président de la Women’s United Soccer Association, John Hendricks, déclarait à l’époque que le déficit budgétaire de 20 millions de dollars et les 90 millions de dollars de pertes étaient dus au manque de parrainage des grandes entreprises.

Les 8 franchises qui composaient la Women’s United Soccer Association :

  1. Atlanta Beat
  2. Boston Breakers
  3. San Jose CyberRays, renommé Bay Area CyberRays en 2001 (championnes en 2001)
  4. Carolina Courage (championnes en 2002)
  5. New York Power
  6. Philadelphia Charge
  7. San Diego Spirit
  8. Washington Freedom (championnes en 2003)

2009-2011 : Women’s Professional Soccer (WPS)

Après la dissolution de la Women’s United Soccer Association, des tentatives de relance ont échoué en 2004 et 2005 par manque d’équipes intéressées. En 2007, un nouveau championnat féminin professionnel était officialisé pour 2008. Une date repoussée à 2009 pour éviter les conflits avec les Jeux olympiques de 2008 et surtout pour s’assurer que toutes les franchises participantes étaient pleinement préparées pour le long terme.

Le nouveau nom de la ligue : Women’s Professisonal Soccer, fut annoncé le 17 janvier 2008, ainsi que le logo, qui mettait à l’honneur la silhouette de la légende Mia Hamm. Pourtant, malgré le temps supplémentaire accordé aux 8 franchises, celle de Dallas s’est désistée, évoquant des problèmes de stade. En septembre 2008, la répartition des joueuses dans chaque franchise s’est faite en fonction des liens antérieurs avec la WUSA, la ville natale ou encore l’université. La WPS a également organisé un repêchage international, dans lequel les sept franchises ont chacune sélectionné quatre joueuses internationales. Quatre des cinq premiers choix se sont porté sur des Brésiliennes : Formiga (FC Gold Pride), Marta (Los Angeles Sol), Daniela (Saint Louis Athletica) et Cristiane (Chicago Red Stars). L’Anglaise Kelly Smith (Boston Breakers), la Japonaise Homare Sawa (Washington Freedom renommé MagicJack en 2011) et l’Australienne Sarah Walsh (Sky Blue FC) complétaient le premier tour.

En 2009, après plus de 5 années d’attente, le championnat professionnel féminin américain revoyait le jour sous un nouveau nom : Women’s Professisonal Soccer. Basée sur le même fonctionnement que son prédécesseur, la WPS, qui évoluait avec un nombre impair d’équipes a subit des plaintes d’inégalités de calendrier mais surtout des problèmes financiers. Dès la première saison, les franchises ont perdu plus d’argent que prévu. Los Angeles Sol et Saint Louis Athletica faisaient faillite, quand les autres franchises peinaient à tenir leurs engagements financiers. Fin 2010, après deux saisons, le FC Gold Pride faisait également faillite et Chicago Red Stars annonçait son retrait pour la saison 2011. Malgré les arrivées de nouvelles franchises comme Philadelphia Independence et Atlanta Beat à la saison 2010 puis les Western New York Flash pour 2011, la WPS rencontrait des difficultés à faire rentrer de l’argent. À la saison 2011, la Women’s Professisonal Soccer ne comptait plus que 6 franchises. Mais alors que la finale perdue des Américaines contre le Japon au Mondial 2011, relançait l’intérêt du championnat avec des records d’affluence, l’enthousiasme est vite redescendu. En effet, à l’issue du mondial, les nouvelles franchises désireuses de participer à la WPS n’ont jamais donné suite et la ligue qui espérait avoir dix équipes pour la saison 2012 a vu la Fédération Américaine de Football (USSF) tirer la sonnette d’alarme. Le 20 novembre 2011, l’USSF a donné 15 jours à la WPS pour aligner une sixième équipe, afin que la ligue conserve son statut de championnat élite. La franchise Washington Freedom, renommé MagicJack en 2011, ayant été licencié pour des conflits juridiques entre les dirigeants et la ligue. En avril 2012, et comme pour son prédécesseur, le WPS mettait la clé sous la porte après seulement trois saisons.

Les 10 franchises qui ont participé à la Women’s Professional Soccer :

  1. Los Angeles Sol (2009)
  2. FC Gold Pride (2009 ; championnes 2010)
  3. Saint Louis Athletica (2009 ; 2010)
  4. Chicago Red Stars (2009 ; 2010)
  5. Sky Blue FC (championnes 2009 ; 2010 ; 2011)
  6. Boston Breakers (2009 ; 2010 ; 2011)
  7. Washington Freedom renommé MagicJack en 2011 (2009 ; 2010 ; 2011)
  8. Atlanta Beat (2010 ; 2011)
  9. Philadelphia Independence (2010 ; 2011)
  10. Western New York Flash (championnes 2011)

Depuis 2013 : National Women’s Soccer League (NWSL)

Après deux tentatives avortées de création d’une ligue professionnelle de football féminin et viable ; la Fédération Américaine de Football (USSF) a réagi. En novembre 2012, après une table ronde, huit franchises étaient déjà annoncées pour figurer dans le nouveau format. En plus de l’USSF, La Fédération Canadienne et la Fédération Mexicaine seraient pour la première fois en charge des salaires d’une liste précise d’internationales qui évolueraient dans ce nouveau championnat (24 joueuses des États-Unis, 16 du Canada et 12 à 16 du Mexique). Une réduction des coûts pour les franchises tout en conservant un effectif de classe internationale. L’accord avec la Fédération Mexicaine a cependant pris fin en 2017, année où le Mexique a créé sa propre ligue féminine.

Le 13 avril 2013, un an après la dissolution de la Women’s Professional Soccer, le troisième jet du football féminin professionnel américain était lancé : National Women’s Soccer League.

La saison de 24 journées s’étend d’avril à octobre, sur le même fonctionnement que les ligues précédentes. Seul changement, le titre de la saison régulière est appelé le Shield et le titre aux Plays-Off est appelé le Championship.

4 mois après son lancement, la NWSL enregistrait un record de 17 619 supporters présents au Providence Park, à Portland. La NWSL est devenue la première ligue de football féminin professionnel des États-Unis à atteindre neuf équipes avec l’ajout de Houston Dash, soutenu par le club de MLS Houston Dynamos, en 2014. Fin avril 2015, face à l’intérêt peu concret de multiples clubs masculins dont ceux de MLS, la ligue annonçait qu’aucune expansion ne serait à prévoir. Cependant, après le sacre et la médiatisation des Américaines au Mondial 2015, un regain d’intérêt des clubs est réapparu. Le 20 octobre 2015, Orlando Pride devenait la 10ème franchise de la NWSL, pour la saison 2016 avec la recrue Alex Morgan en premier plan. À l’issue de la saison 2016, les Western New York Flash vendait ses droits sportifs au North Carolina Courage. À la saison 2018, Real Salt Lake s’étendait également en NWSL sous le nom d’Utah Royals FC. Un nouveau venu qui remplaçait alors le FC Kansas City, dissous pour une absence de management en interne et les Boston Beakers, dissous pour endettement. La NWSL a annoncé le 22 octobre 2019 qu’une franchise à Louisville, Kentucky rejoindrait la ligue en 2021. Pour la saison 2020, actuellement en suspend, neuf franchises sont réparties à travers les États-Unis. Parmi les neufs, quatre sont affiliées à des clubs de MLS (division 1 masculine US), une est affiliée à un club de USL (division 2 masculine US), une est affiliée à un club de Ligue 1 (division 1 masculine française).

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Pour sa 8ème saison, la NWSL avait presque fait peau neuve. En effet, 6 nouveautés étaient prévus pour 2020 dont une augmentation considérable du plafond salarial de chaque franchise ainsi qu’une amélioration des conditions de travail des joueuses.

=> Les 6 nouveautés de la NWSL en 2020

Concernant les droits TV, le 11 mars 2020, la NWSL a annoncé qu’elle avait conclu un accord de trois ans avec CBS Sports et le service de streaming orienté jeux vidéo Twitch. CBS Sports a accepté de diffuser 87 matchs sur les 108 disputés tandis que Twitch diffusera 24 matchs supplémentaires gratuitement. Twitch deviendra également le détenteur international des droits médias de la NWSL et diffusera gratuitement tous les matchs à l’extérieur du Canada et des États-Unis.

Les 12 franchises qui ont participé ou participe encore à la National Women’s Soccer League :

  1. Chicago Red Stars (depuis 2013)
  2. Portland Thorns FC (depuis 2013)
  3. Reign FC, renommé OL Reign en 2020 (depuis 2013)
  4. Sky Blue FC (depuis 2013)
  5. Washington Spirit (depuis 2013)
  6. Western New York Flash (2013, 2014, 2015, 2016)
  7. Kansas City FC (2013, 2014, 2015, 2016, 2017)
  8. Boston breakers (2013, 2014, 2015, 2016, 2017)
  9. Houston Dash (depuis 2014)
  10. Orlando Pride (depuis 2016)
  11. North Carolina Courage, anciennement Western New York Flash mais relocalisé en Caroline du nord (depuis 2017)
  12. Utah Royals FC (depuis 2017)

Alors que le championnat de football féminin professionnel américain semble avoir trouvé son rythme avec la NWSL, cela n’a pas été de tout repos. Malgré les deux échecs, le futur de l’élite féminin US s’éclaircit, bien épaulé par le palmarès XXL de la sélection féminine américaine. En effet l’histoire démontre que leurs performances dans les compétitions internationales ont oeuvré au développement de ces trois versions.

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